Des problèmes pour carburant à la liberté

L’intelligence est-elle la capacité à résoudre des problèmes ou la capacité à ne pas en créer ?

Je ne vous apprends rien si je vous dis qu’à l’échelle individuelle comme collective, l’existence humaine consiste en une résolution continuelle de problèmes. Cela nous l’apprenons dès l’école où l’apprentissage se base sur la résolution de problèmes, créant des spécialistes qui auront pour mission de vous expliquer comment résoudre les problèmes qu’ils ne cessent de créer. Et par la même, qui court du matin au soir de problèmes en problèmes avec pour masque la gravité est ainsi considéré comme quelqu’un de fort important en ce monde. La psyché humaine est alors littéralement programmée à créer des problèmes et ce jusque dans ce que l’on nomme passions ou encore amour. Ces problèmes maintiennent notre esprit en ébullition, lui épargnant la dépression.

De ces problèmes que nous surmontons nous tirons satisfaction personnelle, reconnaissance social et sentiment d’exister jusque dans les drames que nous vivons et auxquels nous nous attachons, bâtissant notre petite histoire personnelle et attirant l’attention. Il ne traverserait pas même l’esprit des masses que de remettre en question cette réalité. Et pour peu elle nomme le plus souvent cet enfer, plaisir, une fois devenu souvenir. Le regard de l’autre à travers lequel quiconque est identifié à la personne éphémère vit a en effet ce pouvoir extraordinaire que de vous faire accepter l’enfer comme étant un plaisir ! Disposant ici d’une intelligence transcendant la conscience collective, et par conséquent d’une vision suffisamment claire pour simplement constater qu’en ces plaisirs éphémères résident les germes de la contrainte, de la frustration et de la souffrance, nous allons nous demander s’il est bien sérieux que d’être venu s’incarner dans la matière pour s’empoisonner l’existence du matin au soir et du soir au matin. Que l’enfer nous soit connu et donc rassurant n’est pas notre problème, ce que nous voulons, c’est la vérité, la liberté.

Le but ici n’est pas d’expliquer en quoi l’humain s’empoissonne l’existence au quotidien à travers ces désirs et plaisirs mais de nous rendre directement à l’essentiel, au fait que les portes du cœur demeureront fermées aussi longtemps que l’esprit sera maintenu en ébullition par l’identification à l’éphémère, ce qui fait de cet éphémère, quel qu’il soit un problème, en tous les cas pour qui aspire à la vérité.

A la source de cet enfer se trouve la personne, la personnalité, le personnage, dont l’existence est faite d’identifications : je suis cela et je ne suis pas cela. Dans les deux cas il s’agit de l’identification au fait que vous croyez être cela ou que vous croyez ne pas être cela. Votre ou vos famille, pays, études, métier, passions, valeurs, croyances, causes sont autant de chaînes qui n’existeraient pas sans le regard de l’autre, puisqu’il est évident que ça n’a strictement aucun sens que de se prétendre ceci ou cela s’il n’est pas quelqu’un d’autre à côté qui soit autre chose.

Si, quoi que l’on se prétende ou fasse, nous prenions la peine de nous demander pourquoi, et quel que soit la réponse de nous demander encore pourquoi, nous verrions en remontant à la source du pourquoi que se trouve ce besoin d’exister, d’être utile, reconnu.

Alors demandons-nous encore pourquoi nous avons besoin d’être utile et/ou reconnu pour exister, mais surtout à travers quoi avons-nous besoin de cela. A travers, très évidemment, le regard des autres. Vous ne faites strictement rien pour vous seul, quoi que vous fassiez cela sert votre personne à travers le regard des autres et si demain ce que vous faites ne vous apporte plus cette reconnaissance des autres vous cesserez de le faire. D’où les dépendances qui se créent. Et ceci aussi longtemps que vous êtes identifié à la personne éphémère.

Comment savoir si vous êtes identifié à personne éphémère ? Si les choses éphémères de ce monde continuent de vous exciter, si vous continuez à chercher un sens à votre vie à travers l’éphémère, il ne fait aucun doute que vous êtes identifié à la personne. L’éphémère alimente l’éphémère, ce n’est pas plus compliqué et votre éphémère est votre personne dont l’outil est l’égo. Il devient donc très clair que l’Amour ne relève aucunement de ce monde éphémère où règne l’égoïsme à absolument tous les étages. La personne n’a pas d’autre option que l’égoïsme, qu’il saute aux yeux ou soit plus subtil, elle ne dispose d’aucune autre option. Par ailleurs vous pouvez démanteler l’égoïsme sans être libéré à 100% de la personne si vous faites preuve de suffisamment d’honnêteté envers vous-même. Alors l’égoïsme est coupé dans son élan avant que les actes ne soient posés et la personne se voit progressivement dissoute.

La liberté n’est rien d’autre que de se libérer de la personne, de se désidentifier de la personne. Alors seulement il n’y a plus « moi » et « les autres » mais l’UN. C’est pourquoi quiconque recherche la liberté en vue de devenir, d’être reconnu, d’être au-dessus, ne la trouveras jamais. La libération dépasse la volonté, elle est une évidence dès lors que l’on prend conscience du caractère illusoire de l’éphémère, autrement dit, de la supercherie qu’est la personne.

Il n’y aucun espèce de sens à ce monde éphémère et il n’est par conséquent absolument plus nécessaire que de garder les yeux rivés sur la carotte, sur ce ou ces nouveaux rêves, projets, plaisirs, ces nouvelles connaissances, passions… S’en est fini que de faire semblant continuellement pour tenter d’oublier, qu’ici et maintenant, véritablement, la joie n’est pas, que sous ces plaisirs superficiels, le désespoir ne cesse de s’accroître.

La liberté n’est pas la capacité à assouvir tous ses désirs mais celle de n’avoir besoin de rien.

Après un an à parcourir le monde sur mon vélo, et bien que mes finances m’auraient permise de jouer les prolongations plusieurs années, je suis rentré. Pourquoi ? Car je ne voulais pas d’une vie de mensonges. Le voyage au long cours vous apporte une certaine reconnaissance sociale,  plutôt haute que basse d’ailleurs, ainsi que l’admiration de vos semblables, qui est le plus souvent décuplée lorsque vous disposez d’un passeport Français, et de surcroît j’y été personnellement dans ma zone de confort. Mais vivre heureux avec une béquille n’est pas vivre libre. Alors je n’ai pas continué, ni n’ai remplacé le voyage par quoi que ce soit d’autre. Quatre ans plus tard je me remettais en selle pour un long cours et rentrais après trois mois et demi face à l’évidence que mon bonheur ne serait plus jamais conditionnel. Je ne prétends pas là être totalement libéré ou avoir atteint le point d’équilibre parfait, mais l’être suffisamment, libéré, pour ne plus pouvoir m’illusionner. Les vagabondages de l’esprit et du corps dans les plaisirs de ce monde ne me permettent plus d’échapper à ce qui EST véritablement. Quand bien même je le voudrais, cette option ne m’est plus permise. Et pour s’assurer que nous pouvons marcher sans béquilles, il n’y a pas trente-six solutions, nous devons les poser et marcher sans béquilles ! Les poser soi-même en conscience est préférable à laisser la vie nous les retirer par surprise. Ce qui dans les cas les plus extrêmes peu mener au suicide.

Il n’y a pas à tourner autour du pot 107 ans, si vous voulez la vérité vous devez balayer l’éphémère, quel qu’il soit. L’éphémère ne peut mener autre part qu’au mensonge.

Par balayer l’éphémère j’entends bien évidemment s’en détacher, s’en désidentifier, ne plus vivre à travers. Mais il s’avère qu’en présence de l’éternel, l’éphémère perdra toute saveur et c’est donc un point de non-retour. Il ne suffit pas de se prétendre détacher, libre, et de continuer comme si de rien n’était  à plonger dans les plaisirs de ce monde, car quiconque se libère ne continuera assurément pas tel que c’était. Le blabla fonctionne avec les problèmes de ce monde, ici il n’y a pas à discuter, pas à donner son avis, les faits sont les faits.

L’Être véritable n’a pas d’attache et n’a par conséquent rien à perdre, il est libre. Il n’est ni un souvenir passé ni un projet futur, ni un rêve ni une mission, ni une blessure ni un plaisir, ni un besoin d’exister ni un besoin d’être utile, ni un problème ni une solution… Il n’est rien qui soit éphémère et il ne se révèle donc que dans l’ici et maintenant.

Vous ne pouvez avoir l’esprit continuellement en ébullition, concentré sur les futilités de ce monde et aspirer à la vérité de QUI vous êtes. Vous ne pouvez aller et en avant et en arrière à la fois. Il arrive l’heure où il faut faire un choix. Si vous avez le sentiment que votre vie se « rentabilise » à la sommes d’expériences ou de possessions qu’elle contient vous vivez assurément à travers le regard des autres. A travers l’absolue, la Vie est une tout autre histoire. Le matérialisme ne se limite pas à la possession matérielle, il s’étend à tout ce qui nourrit la personne sans aucune exception.

Donner un sens à sa vie, quel qu’il soit, signifie puiser son énergie en une source extérieur (que ce soit dans l’avoir ou le faire est la même chose) et par conséquent en dépendre.

Être libéré signifie puiser son énergie dans l’Être et basta.

Éliminez ce qui conditionne votre soi-disant bonheur et observez ce qui en émerge. Il n’en émergera pas une immense joie c’est une certitude. Un manque plus surement. Un sentiment d’inutilité, de ne plus exister, un complexe d’infériorité, de la peur, de la colère, plus probablement.  Quoi qu’il en émerge là est la réalité de ce qui EST véritablement.

Et le jour où il n’en émerge plus rien alors il n’y a plus lieu d’aller chercher quoi que ce soit en l’éphémère. Ce vide existentiel que l’on tente de combler de choses éphémères n’est rien d’autre que celui de l’Amour.

L’Amour véritable se suffit à lui-même et n’a pas besoin de moyen par lequel s’exprimer, que ce soit un autre être humain, une activité ou un objet. Que l’Amour véritable se suffise à lui-même est d’ailleurs la condition sine qua non à partir de laquelle nous pouvons aimer véritablement.  L’Amour véritable est libération, non dépendance, la dépendance qui est évidemment fruit de l’égoïsme. Et le meilleur moyen d’échapper à l’Amour véritable est de laisser son esprit vagabonder indéfiniment dans les tentations, désirs et plaisirs éphémères de ce monde qui alimentent la personne, également éphémère.

C’est en le silence de l’éternel que l’on entre dans le cœur et c’est en le bruit de l’éphémère que l’on en sort.

Les porte du cœur sont aujourd’hui grandes ouvertes et personne n’est forcé de rester ENFERmé. Néanmoins l’enfermement relevant de l’éphémère cela signifie qu’il a un début et par conséquent une fin. La fin qui est mesurable par la quantité toujours plus importante de personnes à s’en libérer et à mettre en lumière avec toujours plus de clarté la supercherie qu’est ce monde.

Il n’y a pas de problème sans solution et par conséquent pas de solution sans problème. D’ailleurs les problèmes des uns sont souvent les solutions des autres et inversement. Une fois de plus, ce monde de dualité est une voie sans issue et il est clair qu’il n’y a strictement aucune solution aux problèmes de ce monde, quels qu’ils soient. Par contre il y a une issue à ce jeu des problèmes et des solutions et elle s’appelle la libération.

Il est inutile de lister l’ensemble des aberrations de ce monde puisqu’en remontant à la source de celles-ci  nous constatons évidemment que toutes ces aberrations sans aucune exception d’écoulent de l’ego/personnalité et qu’aucune n’aurait ne serait-ce que traverser l’esprit une seule fraction de seconde de celui qui en est libéré. Pas plus que ça ne lui traverserait l’esprit de les combattre, lui qui a vu clair en ce qui est la seule issue possible.

Pour voir clair il faut être libéré du besoin de reconnaissance sociale. Il faut arrêter, sous prétexte d’apporter des « solutions » et de « l’aide », de se créer en douce un personnage sociale et de continuer par la même à alimenter ce jeu de l’illusion.

Si tant est que les messages que Bertrand Scaramal transmet ont une utilité, pensez-vous que Bertrand Scaramal, la personne, se sente utile ? Absolument pas. Pensez-vous que Bertrand Scaramal ai le sentiment de pouvoir aider qui que ce soit ? Absolument pas. Il vous invitera à vous aider vous-même avec le message mais à oublier le messager. S’il reçoit des remerciements il se réjouit pour vous mais n’attend aucune approbation extérieure à ce qu’il transmet. Que la société le considère comme étant le plus grand des idiots ou le plus des sages, ne le blaisserait ni ne le flatterait. Que voulez-vous qu’il fasse de la reconnaissance d’une société qui vit aux plus hauts degrés de mensonge et d’illusion qui soit ? Que dal. Il n’est sur ce monde que de passage, mais ce monde ne le concerne pas.

Là est la réalité de la libération et en cette libération est la seule chose d’importance. Tout le reste sans aucune exception n’est que pur divertissement destiné à vous écarter de l’essentiel, à repousser sans cesse à plus tard ce grand face à face avec soi-même. Nous n’avons plus le temps de parler des problèmes écologiques, des répartitions des richesses, des guerres ou de je ne sais quoi, tout cela n’a aucune espèce d’importance précisément car tout cela se volatilisera lorsque cette révolution de la conscience dont je vous parle systématiquement aura eu lieu à l’échelle collective.

Le message de fond est ainsi systématiquement le même présenté sous une multitude de formes différentes. Qui pense qu’il se trouve une autre issue à l’enfer terrestre se berne d’illusion. Et qui se trouve sur le chemin de la libération se verra tenter de revenir continuellement se rassurer dans les chaines de l’enfer terrestre, qu’elles prennent la forme de problèmes ou de solutions, du méchant ou du bon, d’où l’importance de répéter continuellement les mêmes banalités qui se résument à comprendre la définition des mots éphémère et éternel. A comprendre que la vérité ne s’est jamais trouvée et ne se trouvera jamais en l’éphémère et à partir de là, si tant est que l’on ne veuille plus d’une vie de mensonges et d’égoïsme, laisser filer l’éphémère pour que l’éternel puisse se pointer.