L’heure est au silence

Décembre approche (ou est arrivé selon la date à laquelle vous lirez ces lignes) et si vous vous retournez sur cette année qui vient de s’écouler, vous constaterez sans doute que les questionnements qui pouvaient être les vôtres en janvier, sont des certitudes et des évidences aujourd’hui. Qui croit encore appartenir à ce monde ? Qui croit encore être sa personne et son histoire ? Qui doute encore d’être la voie, la  vérité, la VIE ?

Les vas et viens entre l’éphémère et l’éternel se terminent et nous entrons donc de plain-pied  dans la réalité.

L’entrée en la réalité c’est ce dont j’ai fait mention dans une vidéo, à savoir que les êtres venus jadis nous éclairer, faisant office de phares dans l’océan, ont progressivement passé le relais à monsieur et madame Toutlemonde, monsieur et madame Toutlemonde passant aujourd’hui le relai à la Vie elle-même. Jadis le « public » était intégralement endormi, aujourd’hui le « public » accède à la vérité, et plus encore, qui était jadis enseignée. A l’échelle de notre vie, il y a quelques années encore, peut-être quelques mois, la vérité pouvait se révéler à nous par l’intermédiaire d’un tiers, cette vérité concernait le plus souvent les mécanismes qui étaient à l’œuvre au sein de notre personne, aujourd’hui l’identification à la personne disparaissant, la vérité s’installe en nous seule, les mots des uns et des autres ne pouvant ni accélérer ni ralentir le processus.

Nous arrivons à ce point de jonction où il n’y a plus d’étudiants et d’enseignants, où l’unité renaît.

L’humain n’est pas la cause de ce retour de la lumière, mais la lumière est la cause de la libération des humains. De ce fait, bien sûr qu’une partie ne veut toujours pas en entendre parler, mais l’important n’est pas là, l’important est que, quelle que peuvent être encore les refus des uns et des autres, nous nous trouvons au bout du chemin.

Le bout du chemin c’est le basculement de l’éphémère à l’éternel, de la dualité à l’unité.

En l’éphémère il y a un temps et donc un chemin, en l’éternel il n’y a plus de temps et donc plus de chemin. Tout est là, ici et maintenant. Et aujourd’hui, pour qui accueille cette vérité avec joie, tout est en effet là ici et maintenant. Evidemment qu’il peut demeurer et qu’il demeure très certainement des résistances, des zones d’ombre, en nos personnes y compris si nous avons placé ce retour à l’éternité en absolue priorité, mais ces résistances ne se traduisent pas par un refus catégorique de la vérité, elles demeurent bien malgré nous, et ne nous empêche donc pas de constater ce qui est.

Ce retour de la vérité signifie donc que la phase d’étude est terminée, que l’école est finie, cela appartient à l’histoire de la dualité et ne peut plus s’inscrire dans la réalité de l’ici et maintenant. Notre personne et son âme ou notre âme et sa personne se pensaient séparées de tout et ainsi avaient le sentiment de devoir s’améliorer, progresser, cheminer, s’éveiller…

A présent nous savons que nous ne sommes ni cette personne, ni cette âme et que l’absolu que nous sommes est d’ores et déjà complet ici et maintenant.

Si changements au sein de la personne il doit y avoir ils ne sont alors plus dictés par la volonté personnelle mais par la lumière et vous avez dû d’ailleurs constater que la volonté ne mène aujourd’hui nulle part, si ce n’est à des résistances toujours plus grandes. L’absence de volonté cependant, soit le lâcher prise, favorise grandement quant à lui la libération. Qu’il demeure des zones d’ombre ou non en la personne, quelle importance, nous ne sommes pas cette personne et elle disparaîtra. Que vous n’ayez pas la plus parfaite des voitures ne vous empêche pas d’aller là où vous le souhaitez.  C’est exactement la même chose concernant le véhicule qu’est la personne, qu’il ne soit pas parfait n’empêche en rien de retrouver la vérité, par contre persister dans cette idée que bichonner le véhicule est l’ultime but, assure de ne jamais en voir la couleur de cette vérité.

Nous ne pouvons nourrir cette personne d’histoires, de désirs, de rêves, de connaissances, y compris spirituels, et voir cette même personne faire place à la lumière.

Nous devons aujourd’hui aller tout droit à l’essentiel.

Alors mes mots tout au long de cette année n’ont sans doute pas été parfaits mais ils contenaient assurément de quoi revenir à cet essentiel. J’y ai dit tout ce que je pouvais, de toute les manières que je le pouvais, pour tenter de balayer toute identification à l’éphémère, jusqu’à passer le cap de la spiritualité.

Nous en sommes arrivé à ce stade où nous comprenons donc que nous sommes au-delà de TOUTE forme (visible ou invisible) et au-delà de TOUTE histoire (terrestre ou spirituelle).

A présent, que l’on ait pris le train en marche (éternité) ou que l’on soit resté à quai (éphémère), les mots deviennent une limitation.

Nous sommes face à trois cas de figure :

1) ceux dont la priorité absolue est la vérité absolue, ceux-là voient l’évidence et la vivent immédiatement, avec ou sans mots.

2) ceux pour qui l’attrait envers ce monde terrestre est encore trop fort malgré une certaine ouverture d’esprit, ils sont à même de comprendre l’évidence intellectuellement si elle leur est exposée, s’en divertissent éventuellement, mais elle ressort aussi vite qu’elle est entrée du fait qu’ils n’en voient pas l’utilité d’un point de vue de l’ego qui demeure bel et bien aux commandes.

3) ceux dont la conscience est enchainée à cette terre, à leur personne, à son histoire et à ses croyances, sans l’once d’une ouverture d’esprit, l’évidence est alors vécue comme une agression et ne peut être comprise, aussi simple soit-elle, ne serait-ce qu’intellectuellement et ce quel que soit le bagage universitaire de cet intellect.

Les mots passent par la tête et glissent éventuellement jusqu’au cœur, à la source, qui les reconnait comme étant vérité s’ils comportent la vérité, cependant s’ils sont évacués ou bloqués par un ego qui a d’autres priorités ou qui est complètement borné, ils ne servent strictement à rien.

Un second train passera prendre ceux qui sont restés à quai, soit les cas 2 et 3, mais ce n’est par des paroles qu’ils monteront à bord.

Quant à ceux qui se trouvent en le premier train, qu’ils pensent encore ou non avoir besoin de paroles, ils sont dans le train, donc quoi qu’ils en pensent, ils n’en n’ont plus besoin. Nous pouvons certes avoir envie d’en discuter sur le trajet, mais ce n’est plus un besoin.

Vous savez, pour faire un parallèle, la joie est quelque chose de spontanée  qui ne peut être possédé et à l’instant même où l’on tente de s’y accrocher, elle disparait. C’est ce qui fait la différence entre un enfant qui n’est attaché/identifié à rien et un adulte qui, voyant filé cette joie enfantine, tente de s’y accrocher par des passions, des possessions et des relations. Cela commence bien avant l’âge adulte d’ailleurs, cela commence en passant de la petite enfance à l’enfance.

Il en va exactement de même pour la vérité, et les mots sont un moyen de s’y accrocher. Vivre la vérité absolue dont nous parlons, en ce corps, sur cette terre, 24/24 7/7,  n’était jusqu’alors pas possible, peut être que ce le sera demain, peut être que ça l’est déjà pour une extrême minorité, mais pour la majorité, sans même compter ceux qui n’en n’ont rien à cirer, ce n’est pas possible et par conséquent on peut être tenté de s’y accrocher avec des mots, se donnant l’illusion de la posséder et ainsi s’en éloigner.

Il faut donc faire très attention de ne pas abuser des mots plus que nécessaire et de ne pas les utiliser à mauvais escient. Ces mots ont eu évidemment leur utilité quand nous étions à mille lieues de tout vécu pour nous indiquer la direction mais aujourd’hui que nous vivons la vérité, quelle qu’en soit la fréquence et l’intensité, et d’ailleurs il n’y a plus vraiment de fréquence mais uniquement une variation dans l’intensité pour être plus précis, non seulement ils ne sont plus utiles mais ils deviennent une limitation. Bien sûr chacun est libre de se limiter aux mots ou d’aller au-delà mais ça n’en demeure pas moins de l’histoire ancienne et aller au-delà signifie aussi, à un moment, ne plus en passer par les mots. Si j’ai pu par les mots aller jusqu’à ce point de basculement de l’éphémère à l’éternelle, je n’en demeure pas moins toujours en ce corps et sur cette terre sans accès aucun, concrètement, à l’UN, par conséquent, je ne peux faire plus que les banalités que je vous ai exposé et qui aujourd’hui deviennent si évidentes que continuer à les répéter parait insensé. De plus cette évidence ne fait que s’installer en moi sans aucun intermédiaire que peuvent être les expériences spirituelles à travers la personne (et qui sont quoi qu’il en soit propre à chacun donc d’aucune nécessité à raconter) et c’est pourquoi je suis incapable de faire dans le détail, dans les connaissances, et ai sans doute, par ailleurs, cette capacité à aller tout droit à l’essentiel, soit à l’évidence au-delà de toute forme et de toute histoire, ce qui colle parfaitement à ma personnalité qui est identique en tout domaine de ma vie, soit ne rien faire de plus que ce qui est essentiel avec l’instinct de réduire cet essentiel au maximum.

Aussi, l’heure n’est plus à revenir sur le fonctionnement du mental et de l’ego, cela a été fait en long en large et en travers, de manière claire nette et précise, pour ce qui des caractéristiques classiques de l’ego ainsi que des conséquences concrètes qui découlent de la transcendance de l’ego, et pour quiconque est décidé à faire preuve d’honnêteté envers lui-même, c’est l’affaire d’une nano seconde aujourd’hui. Ce comportement est-il le mien ? C’est oui ou non. Ce n’est pas peut-être, éventuellement, à réfléchir, oui mais… A la limite il n’y a même pas à se poser la question tellement c’est évident. Chacun est capable de constater par lui-même si son comportement, son attitude et ses mots, aussi subtils et au premier abord inconscients peuvent-ils être, visent à se placer continuellement en position de supériorité et si ce même comportement, cette même attitude et ces mêmes mots vécus en reflet provoquent un malaise. Chacun est capable de constater par lui-même s’il continu à se raconter des histoires et à se mettre en scène, quel que soit le prétexte. Quiconque en est capable mais tout le monde ne le souhaite pas. Alors pour qui ne le souhaite pas rien ne sert de répéter 36000 fois la même chose.

Chacun est libre, jusqu’à ce que la VIE décide que l’heure du face à face a sonné et là, mots ou pas, il aura lieu.

Ainsi, pour moi qui les ai prononcés, les mots, il est l’heure d’une certaine manière de m’arrêter. L’évidence aujourd’hui est que nous sortons de la dualité et par conséquent que le schéma enseignant / étudiant n’a plus lieu d’être. Si « rôle » nous avons encore à jouer sur cette terre, et si nous nous y trouvons encore c’est que nous avons encore un « rôle » à jouer, c’est par notre seule présence, vis-à-vis de nous-même et du reste du monde.

Il s’agit aujourd’hui de jouer l’ultime rôle, celui du non-rôle.

Il en va de même en mon quotidien, au-delà d’internet, où depuis octobre notamment, date à laquelle j’ai cessé les vidéos, spontanément, je ressens cet appel à cesser ces discussions, c’est-à-dire à ne plus les amener moi sur le tapis et si elles se présentent à ne plus les alimenter outre mesure, c’est-à-dire à répondre à la question si je le peux et à ne pas aller au-delà. Je resterai donc bien sûr disponible à la Vie de cette manière, que ce soit en physique ou par email, mais ce texte public, de mon initiative, est le dernier. Que les mots ainsi prononcés comportent ou non la vérité, le fond de la démarche lui ne sonne plus juste, ne s’inscrit plus dans la vérité vécue ici et maintenant.

L’urgence aujourd’hui, la priorité, est de revenir se placer en le cœur (unité) et le meilleur moyen de ne pas y parvenir est de se laisser continuellement embarquer par l’intellect (dualité), à l’extérieur.

Le retour de l’unité en ce monde signifie quoi ? Que tout ce qui relève de la dualité va disparaître et est déjà en train de disparaître. TOUT. Je ne vais pas vous faire un dessin qui paniquerait certains, je vous laisse libre de voir la dualité là où vous avez envie de la voir et en cela le couple ego / intellect sait faire. L’ego / intellect est le roi pour échafauder des trucs hyper complexes et hyper tapes à l’œil mais absolument inutiles, et en parallèle se montrer incapable de voir des trucs hyper simples mais absolument essentiels. Et vous savez quelle est la conséquence de ce brassage de vent continuel ?  L’essentiel est tout simplement emporté par ce même vent.

La dualité ne peut perdurer là où apparaît l’unité. Cette simplissime vérité pourtant essentielle fut emportée par le vent et ce vent est brassé par ces délires de nouveau monde où nous vivrions en paix en ayant sauvé… ce monde de dualité !

Là où la personne voit le chaos, le cœur voit la liberté. Là où la personne serre les fesses, le cœur se réjouit. Là où la personne panique, le cœur est en paix. Là où la personne croit, le cœur sait. Là où la personne souhaite le changement, le cœur dit : EST CE QUI EST. Là où EST CE QUI EST, le jeu, l’histoire, le paraître, le mensonge, est terminé.

Les mots sont simples, sont clairs, sont nets et sont précis. Qui veut entendre entendra et qui entendra placera sa conscience en conséquence.

En le cœur sont les spectateurs, en la personne sont les acteurs.

Quand le spectacle commence, les spectateurs se taisent.

En l’éternité nous ne nous sommes  jamais ni rencontré ni quitté et à ce titre, je ne vous dis pas à dieu ou à bientôt, mais à toujours ;).

Bertrand.