Que penserait l’enfant que vous étiez s’il voyait l’adulte que vous êtes devenu ?

Je me suis longuement questionné ces derniers mois quand à cette vie ici-bas dans la matière et à la manière de la vivre en harmonie avec ce cheminement spirituel. Le postulat était le suivant : « Tout étant en moi, quel que soit ma position géographique sur la planète et quelle que soit l’activité que j’y mène, si révélation d’ordre spirituelle il doit y avoir, elle aura lieu, de l’intérieur ».

Par ailleurs, il est tout aussi clair que TOUT en ce monde de matière est illusion, pour la simple et bonne raison que nous n’emporterons aucun de nos accomplissements matériels, lesquels entretiennent le plus souvent chez l’humain l’illusion de la personnalité. Je ne développerai pas ici ce point que j’ai détaillé en long en large et en travers dans les précédentes vidéos ou audios.

Arrivé à ce stade de compréhension se pose légitimement  la question de que faire de cette existence matérielle ? Et rien n’ayant de sens en soi, la conclusion toute trouvée est : RIEN. Autrement dit, entrer dans une grotte et attendre la pleine illumination puis la mort.

Seulement, que nous le voulions ou non, nous sommes bel et bien ici dans un corps de matière, lequel n’a certainement pas été conçu pour écouler ses jours et ses nuits en position du lotus au fond d’une grotte et ce jusqu’à mort s’en suive.

Vous savez donc pertinemment que tout est en vous, vous savez pertinemment que tout est illusion en ce monde, mais vous savez tout aussi pertinemment que vous n’êtes pas descendu dans la matière pour en faire abstraction. Voilà une équation d’importance dont on a oublié de vous parler (loin de moi que l’idée que le calcul d’intégrales et la définition de l’art ne le furent pas tout autant !).

Compliquons encore la donne…

Quels sont les facteurs premiers qui motivent l’humain à agir dans la matière ? Le plaisir et la sécurité.

Laissons le plaisir de côté et occupons-nous de la sécurité.

Que se passe-t-il lorsque vous vous coupez ? Instantanément votre corps met tout en œuvre pour guérir la plait.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Que lorsque vous rencontrez un problème tout l’univers œuvre à la résolution du problème.

Pourquoi ? Car vous êtes partie intégrante de cet univers et que celui-ci n’ayant pas l’intention de s’autodétruire, il veille minutieusement à la bonne harmonie de chacune de ses composantes.

Comprenez-vous où je veux en venir ? Au fait que lorsque vous œuvrez à la création de votre propre sécurité à travers votre mental dualitaire (séparation du petit moi du reste de l’univers), vous dites tout bonnement à l’univers : « Laisse, je m’en occupe ». Seulement viendra l’heure où la situation vous dépassera parce que vous n’aurez pas toutes les cartes entre les mains et où vous serez dans l’incapacité de vous en occuper. Alors vous vous épuiserez, connaitrez la maladie et le manque, tel que le connaissent la quasi-totalité des humains sur cette planète avant de la quitter dans la solitude d’une chambre d’hôpital.

Autrement dit, pour accomplir ce que nous sommes venu faire ici, soit expérimenter le divin dans la matière, il est important que nos actions soient dénuées d’attentes, d’intérêts personnels, et par conséquent que nous ayons foi en l’univers.

Ne pensez-vous pas que nos vies seraient quelque peu différentes si nous avions dès maintenant la certitude que jamais nous ne manquerions de quoi que ce soit, quoi que nous fassions ? C’est ainsi que les choses ont pourtant été conçues et si elles ne fonctionnent pas ainsi c’est parce que nous en doutons.

Mais ce n’est pas dans les doutes que s’expérimente le Divin.

Il nous faut donc mettre la main sur la source du problème qui se trouve précisément dans ce mental dualitaire.

Vous pouvez être sortie des pulsions grossières de l’ego, soit ne plus vous prendre au jeu de la personnalité (pouvoir, compétition, reconnaissance…) et à nouveau vous faire entourlouper par ce même ego qui reviendra avec toute la subtilité qu’on lui connait. Vous pouvez penser en avoir fini avec certaines de ses manifestations, et il reviendra en mettant la barre plus haute pour s’assurer que la leçon ait bien été assimilée. Car la spiritualité avant d’être un divertissement littéraire est une épreuve de terrain.

Et donc, je n’ai pas vu de suite la dualité qui pointait le bout de son nez dans le fait que tout étant en soi, il n’y avait donc aucune utilité à aller chercher quoi que ce soit à l’extérieur.

Intérieur / extérieur, là est la dualité et là était le blocage. Pour être plus précis elle se situe dans le fait d’avoir des attentes derrières nos actes, par exemple : « ce voyage m’apportera ce qu’il me manque en moi », « cette personne m’apportera ce qu’il me manque en moi »… Un principe qui demeure le même – et c’est là où était la clé – avec « ne m’apportera pas ou plus».  Car qui est-ce qui ne vous apportera pas ou plus ? Egalement l’extérieur en dualité avec l’intérieur. Or, hors dualité, la question n’est pas d’aller chercher ou non à l’extérieur, mais de laisser être ce qui doit être.

Selon le degré de perception de l’illusion qu’est ce monde vous pouvez toujours vous accrocher à l’idée que quelque part se trouve quelque chose de vraiment important en soi ou vous rendre à l’évidence que TOUT, sans exception, est illusion et c’est là que les « à quoi bon ? » désespérés jaillissent des profondeurs de votre petit cœur qui se replie sur lui-même.

La solution ? Redevenir cet enfant qui découvre le monde en s’émerveillant de tout, sans attente ni jugement sur rien et qui aime sans posséder. Déposez un enfant dans un bac à sable et il se met immédiatement à jouer sans se demander comment ou pourquoi, il ne recherche pas même le plaisir, il est ce qu’il est et opère à partir de ce qu’il est dans l’instant présent.

Souvent, lorsque je vois des personnages voyageant sur les rails de la réussite sociale, dans l’illusion la plus totale, je ne peux m’empêcher de me demander ce que penserait l’enfant qu’ils étaient jadis s’il les voyait aujourd’hui et je crois que s’ils se posaient réellement la question, ils fileraient en effet s’enfermer dans une grotte pour quelques temps !

Et je crois également que l’on ne devrait jamais cesser de se poser cette question tout au long de notre vie.

Reste à déterminer ce que nous entendons par enfant. Car peu d’enfants passent la barre des trois ans, cette année fatidique qui marque le début de la fin, où les premières notes apportent la compétitivité dans laquelle l’innocence s’envole. Les quelques rares survivants connaissent la solitude et ont la vie dure, finissant par s’éteindre, plus ou moins longuement et profondément, sous le désespoir de la déchéance humaine. C’est cette douce innocence dont il est question de retrouver ici et c’est parfois très loin qu’il faut retourner la chercher.

L’heure est à présent à la dissolution des illusions jusque dans les couches les plus subtiles de notre mental/ego/personnalité, d’où les grands face à face avec soi-même que ce début d’année nous aura apporté et qui se poursuivront le temps qu’il faudra  jusqu’à ce que le phénix renaisse de ses cendres, autrement dit, jusqu’à revenir sur les pas de cet enfant intérieur en lequel demeure toujours les plans de notre existence, lui qui ne se souciait guerre de son devenir, faisant de chaque moment un instant de grâce.

Je vous sais nombreux à ressentir en cette période particulière de la lassitude, de l’énervement, de l’épuisement, de l’incompréhension, à vous dire que tout cela n’a pas de sens et qu’après tout « à quoi bon ? ». Et c’est également dans cet état d’esprit que je fus en ce début d’année avant que l’inspiration me revienne à l’occasion d’un message que j’écrivais à une partenaire de route. Message que j’ai de suite approfondi pour vous en faire cet article.

Alors si vous avez le sentiment d’avoir reculé sous l’impulsion des courants, sachez que ce n’est que pour mieux sauter, car en cette compression est l’énergie qui permettra le prochain saut quantique vous ramenant à qui vous êtes.