La dissolution des mensonges par l’honnêteté du regard que l’on porte sur soi

Note : l’audio suivant est extrait du texte ci-dessous. 

De l’ego né la personnalité, à travers le besoin de s’attirer et de s’attacher à ce que l’on souhaite pour soi, et celui de rejeter et de se détacher de ce que l’on ne souhaite pas, indépendamment des besoins ou du bien-être des autres mais dépendamment de leur regard. De cette dimension d’existence qu’est celle de l’ego/personnalité ne peut techniquement découler que de égoïsme et ce en dépit de ce que ce même ego prétend pour se convaincre du contraire. Apparaît alors le mensonge et l’illusion de la personnalité.

Vous êtes ce qui vous êtes de toute éternité sans la nécessité de lever le petit doigt ou de se prétendre ceci ou cela, et l’ego qui œuvre à son devenir superpose nécessairement couche de mensonge sur couche de mensonge pour y parvenir et peut courir ainsi plusieurs vies durant avant que l’âme ne parvienne à se libérer de ces chaines et à se reconnecter à la conscience universelle.

L’ego vit intégralement et obligatoirement à travers le regard des autres et de ce regard des autres né le besoin de réussite sociale sous lequel l’âme est emprisonnée et à terme torturée. Torturée entre l’appel de l’être véritable qui fini par se manifester et aspire à se réaliser et le personnage qui ne peux se résigner à tirer un trait sur son identité sociale.

L’âme se libère après avoir expérimenté en long en large et en travers les petits plaisirs terrestres et êtres arrivée à la conclusion que ni le bonheur ni la paix ne s’y trouvaient.

Le parallèle est souvent fait entre ce cheminement spirituel et l’enfant qui apprend à marcher et vous en conviendrez, de l’apprentissage de la marche à courir un marathon en deux heures, le chemin est long.

Ici il n’est pour l’heure question que de tenir sur ces deux jambes, autrement dit, d’être en mesure d’identifier avec clarté les manifestations de l’ego en vue, à terme, de les transcender.

Vivre en conscience ce n’est pas accéder du jour au lendemain à la perfection de la conscience universelle, c’est être avant tout un observateur honnête de ce qui se trame en notre mental/ego/personnalité.

L’âme qui se libère et en retourne à la conscience universelle, ça se traduit concrètement au quotidien par cet automatisme : POURQUOI. Pourquoi je fais cela ? Pourquoi je pense cela ? Pourquoi je crois cela ? Pourquoi je dis cela ? Pourquoi je veux cela ? Pourquoi j’agis ainsi ? Pourquoi je réagis ainsi ? Et ce relativement aux motivations réelles de l’ego au-delà de ce qu’il laisse transparaître en surface. A savoir que poser la question c’est d’ores et déjà y répondre.

Si vous faites ce travail avec honnêteté et humilité vous vous apercevrez très vite de l’égoïsme qui sous-tend chacun de vos faits et gestes. Bien que nous ne soyons pas ici pour juger quoi que ce soit, simplement pour observer. Nous vivons dans un monde qui réside dans les plus basses fréquences de conscience et nous évoluons donc sur un sentier très escarpé et boueux qui ne nous offre pas le confort d’une route asphaltée, autrement dit, tout à l’extérieur favorise les pulsions de l’ego (compétitivité exacerbée, tentations continuelles, rythme effréné maintenant les êtres dans le mental), d’où l’inutilité de perdre d’avantage de temps dans les jugements et la culpabilité. Rassurez-vous, personne sur cette terre n’est totalement dénué de pulsions égotiques, pas même après avoir transité de la dimension de l’ego/personnalité aux « dimensions de la conscience universelle » puisqu’il ne s’agit évidemment pas ici d’actionner un interrupteur OFF/ON mais de dissoudre des couches de plus en plus subtiles qui émergent à notre conscience progressivement.

Il n’est également point besoin de jugement car personne ne viendra vous mettre une note à la fin du cours qu’est la vie et aucune hiérarchie ne sera établie que vous ayez fait le choix difficile de vivre dans la vérité ou celui de demeurer confortablement installer dans le mensonge égotique de la personnalité. Ce travail vous le faites pour vous et pour vous seul et vous pouvez oublier ici toute attente de reconnaissance. Aucun diplôme ne vous sera remis, aucun emploi ne vous sera octroyé et aucun salaire ne vous sera versé. Il n’y a rien à mendier, simplement à choisir entre vivre dans le mensonge ou vivre dans la vérité, prendre la pente descendante ou prendre la pente ascendante.

Peut-être avez-vous besoin à présent de quelques exemples concrets et nous allons donc tirer quelques banals cas du quotidien :

Lorsque vous vous levez pour manger un bout, nourrissez-vous réellement votre corps ou vos émotions ont-elles besoin de réconfort ? Prendre conscience que ce sont le plus souvent les émotions qui demandent à être nourries permet de mettre le doigt sur une faille qui est en soi et de cette prise de conscience peut commencer la guérison.

Lorsque vous enfilez vos baskets pour aller faire du sport, avez-vous pour but la santé ou poursuivez-vous là encore la construction de votre identité sociale et le besoin de reconnaissance par quelques « exploits » ainsi que la recherche d’une silhouette musclée. Cette routine que vous vous imposez ne vous abruti t-elle pas au prix du maintien d’une illusoire vie sociale ?

N’y aurait-il pas derrière ce que vous appelez « partage » sur les réseaux sociaux un besoin désespéré de « m’as-tu-vu », d’approbation et de reconnaissance extérieure, ainsi que le besoin d’exposer une identité illusoire en vue de se sentir exister ?

N’y aurait-il pas dans votre vie des relations que vous vous efforcez de maintenir par peur de la solitude ?

Au-delà de la nécessité de se nourrir et payer ses factures, l’identité sociale de laquelle découle votre emploi ne vous y enchaîne-t-elle pas en tout premier lieu ?

Cet emploi pour lequel vous vous investissez corps et âme, a-t-il une dimension qui relève de l’absolu, ne serait-ce qu’indirectement, ou ne vous sert-il qu’à assouvir votre propre besoin de réussite sociale et à financer vos plaisirs personnels ? Cela encore une fois, en amont de la nécessité de remplir le frigo.

Lorsque vous prétendez vous investir pour diverses causes ou prendre part pour tel parti, n’y-a-t-il pas au-delà des prétendues valeurs que vous défendez, le besoin de construire une identité et de se sentir exister ?

Lorsque vous défendez une opinion dans le cadre d’un débat, cherchez-vous réellement la vérité et un terrain d’entente, êtes-vous réellement à l’écoute des besoins de l’autre, ou n’êtes-vous intéressé que par le fait d’avoir raison ?

Si vous votez, votre réflexion et votre choix se fondent-ils véritablement sur le bien commun ou faites-vous semblant de voir en vos intérêts personnels le bien commun, si tant est que ce dernier vous ai seulement traversé l’esprit ? Auquel cas vous ne seriez d’ores et déjà plus tenté par l’idée de remettre les responsabilités de chacun entre les mains d’un seul, qui, par sa seule candidature, atteste de manière indiscutable résider dans les basses fréquences de l’ego/personnalité.

Si vous prétendez vouloir aider le monde par un moyen ou un autre, êtes-vous bien certain qu’il n’est pas là un besoin de l’ego de se sentir important ? Et êtes-vous bien certain d’être parvenu à vous sauver vous-même avant de chercher à sauver les autres ? Le cas échéant, l’ego ne ferait là encore que fuir ses propres failles.

Avez-vous seulement pris la peine de vous questionner quand à votre degré de réalisation spirituelle et par conséquent à votre capacité à guider un enfant vers sa propre réalisation avant de céder à cette envie et à ce besoin pulsionnel de mettre un enfant au monde ?

Lorsque vous encouragez vos enfants à poursuivre de longues études, souhaitez-vous réellement leur bonheur ou ne recherchez-vous là encore que votre propre tranquillité et votre propre fierté ?

Lorsque irrité par une journée difficile vous préférez empoisonner la vie de celle ou celui que vous prétendez aimer plutôt que de vous avouer au bout rouleau en exprimant ce besoin de réconfort, n’y-a-t-il pas là une manifestation exacerbé de l’ego qui n’admet pas ses faiblesses ?

Pourquoi cherchez-vous l’amour à l’extérieur ? Pour combler ce vide qui vous tiraille à l’intérieur n’est-ce pas ? Est-ce là selon-vous la manifestation de l’amour que d’offrir du vide à quelqu’un ? Non, l’amour veut que vous remplissiez votre propre vide seul avant de rencontrer l’être aimé. Et si vous demandez à l’être soi-disant aimé de faire ce travail pour vous, là est la manifestation en bonne et due forme de l’ego dont la priorité est lui-même, indépendamment de quiconque.

J’arrive ici à cours d’inspiration mais je crois que ces quelques exemples suffiront amplement à mettre en lumière les manifestations de l’ego derrière les automatismes de la vie quotidienne. Et il n’est bien sûr pas ici question de prétendre qu’il est facile d’agir en ce monde à partir de la conscience universelle sans en passer par le filtre qu’est l’ego. Car sans ces pensées, ces croyances, ces projets, ces divertissements ou ces personnes auxquelles s’attache l’ego, bon nombre d’humains ne pourraient tout simplement pas supporter la vie sur cette terre et y mettraient un terme. L’ego qui détalle devant le danger est le même que celui qui s’agrippe pour ne pas être emporté par le courant. Grace à cet ego nous survivons (et seul celui qui s’en est dissocié peut en prendre toute la mesure), jusqu’au jour où les mensonges qu’il renferme nous rongent littéralement de l’intérieur et où un grand nettoyage s’impose. Ce grand nettoyage consiste à prendre conscience de l’omniprésence de l’ego en notre vie et des mécanismes qu’il met en place pour échapper à ce que nous refoulons ou ne souhaitons pas voir en nous-même, en échafaudant une réalité mensongère et illusoire. Une fois cette vérité acceptée, le processus est enclenché et les couches de mensonges vont progressivement se dissoudre selon ce à quoi vous êtes prêt à faire face.

Evidemment il n’est pas obligatoire, bien que parfois nécessaire, de jeter au feu tout ce qui a été bâti à partir de l’ego en nos vies et il nous est simplement possible d’y ré-infuser de la conscience universelle. L’univers est pure intelligence et réside en nos conditions de vie actuelles, quelles qu’elles soient, l’opportunité de nous élever vers cette conscience universelle de laquelle l’humain est issu et qui lui offre par conséquent cette capacité innée de discernement entre ce qui est de nature terrestre et ce qui est de nature divine. A mesure qu’il avance dans ce processus de conscientisation, tout ce qui n’est pas de nature divine et qui lui apparaissait jadis pourtant comme « normal », lui devient insupportable. Mais ces schémas sont parfois si ancrés que la volonté humaine seule ne suffit pas toujours à les désamorcer et alors il n’est d’autre solution que de s’en remettre au divin.

Arpenter le sentier qui ramène à la conscience universelle n’est pas chose aisé. La montagne est abrupte et lorsque le vent souffle la tentation de redescendre dans les vallées ensoleillées est forte. Mais en le vent est l’épreuve face à laquelle la foi et le lâcher-prise doivent s’exprimer. A mesure que nous nous éloignons de ces vallées ensoleillées les voyageurs se font de plus en plus rares sur le sentier et c’est dans cet ultime face à face avec soi-même, qu’un pas après l’autre, nous nous rapprochons inexorablement du sommet. Quand l’atteindrons-nous ? Qu’y trouverons-nous ? Nous n’en savons rien, mais ceux qui se reconnaîtront en cette parabole savent néanmoins que nous avons signé pour mener à bien cette expédition et qu’il n’est pas question de rebrousser chemin en dépit de la lassitude et de l’épuisement qui éventuellement nous gagnent parfois.